Bestiaire
FunFilm

Réalisateur: Denis Côté
Année: 2012
Classification: G
Durée: 75 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 777078919670

Ce DVD est disponible chez:

Selon Martin Gignac
20 décembre 2012

Denis Côté se lance dans un nouveau projet inusité avec "Bestiaire" où il dépose son regard sur des animaux d'un zoo. L'exercice est nettement plus intéressant qu'il n'y paraît.

Entre deux projets de fiction, Denis Côté – le cinéaste le plus éclaté et éclectique de la Belle Province – aime bien tâter l'essai. Après l'exercice de style qu'était Elle veut le chaos, il s'est intéressé par l'entremise de Carcasses à des enfants trisomiques qui semblaient émaner d'une "cours à scrap". C'était bien avant Café de Flore de Jean-Marc Vallée. Faisant suite au succès mérité de Curling, il s'est embarqué dans "Bestiaire" où il filme en toute simplicité les animaux d'un zoo du Québec.

Au demeurant, il est aisé d'intellectualiser un tel travail. L'être humain observe les bêtes ou ce sont ces dernières qui nous regardent? Cette existence en cage semble ennuyante au possible, qui a eu l'idée de les mettre là? Il est même possible de faire écho au sort des prisonniers pendant les guerres. Rapidement, la question du regard prend le dessus. Le cinéphile cherche à interpréter ce qui se déroule sous ses yeux, à trouver une explication à cette réalité parfois faussée par des effets de mise en scène. Les plans sont longs et contemplatifs, le rythme est languissant à souhait, alors que l'absence totale de narration veut sûrement signifier quelque chose.

Mais pourquoi ne pas cesser ces incessantes interrogations et seulement tout regarder avec nos yeux d'enfants? Il y a un zoo, quelques humains, plusieurs animaux différents et une plongée toute en douceur dans leur quotidien loin des clichés. C'est déjà beaucoup. Et c'est suffisant pour y prendre un certain plaisir, tout au moins pour retomber en enfance et se rappeler que le bonheur peut être si simple et facile d'accès.

Le film est pratiquement dénué de dialogues et de mélodies, mais il y a tout de même plusieurs bruits qui ressortent des enceintes, dont des sons de portes, d'oiseaux et de cages. Le grain n'est pas rare et il y a un peu de blocage. Ce n'est pas suffisant pour entacher les images. Les couleurs demeurent sobres, les teintes détaillées et les contrastes généralement homogènes.

La pochette bleue montre un gentil animal blanc. Une fois l'insertion du disque dans le lecteur, quelques bandes-annonces apparaissent. Il est impossible de passer par-dessus pour accéder directement au long-métrage, ce qui est embêtant. Le menu principal du DVD respecte le concept qui est déjà exprimé par l'image figurant sur le boîtier. Dommage que le tout soit statique et sans musique. Les suppléments regroupent deux bandes-annonces et une très intéressante entrevue de 11 minutes avec le metteur en scène. Ce dernier parle de ses choix esthétiques, de sa démarche et de son style qui lui est propre.

"Bestiaire" n'est pas le projet le plus ambitieux de son auteur. C'est plutôt un entre-deux, un intermède bucolique et ludique. Il y a beaucoup d'explorations dans cet effort qui tente de bousculer la forme, de l'éloigner de sa fonction originelle (celle où il faut à tout prix raconter une histoire) pour l'amener ailleurs. L'idéal pour patienter en attendant le prochain projet du réalisateur: le mystérieux Vic et Flo ont vu un ours qui mettra en vedette Pierrette Robitaille, Marc-André Grondin et Romane Bohringer.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments5
Vidéo6
Audio6