Bon Cop, Bad Cop
Alliance Atlantis / Park Ex Films

Réalisateur: Eric Canuel
Année: 2006
Classification: 13+ (QC)
Durée: 116 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français/Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9+DVD5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
24 décembre 2006

Jusqu'à il y a quelques semaines, le film canadien ayant rapporté le plus lors de son exploitation en salles au pays était le célèbre film d'ados Porky's. Mais après 25 ans de règne, la relève est arrivée sous la forme d'une production québécoise qui, sans être donnée perdante, se voyait avec surprise se tailler une place honorable au palmarès québécois. Mais l'aventure fut de taille et c'est donc avec une certaine surprise que "Bon Cop Bad Cop" est devenu le film avec les meilleures recettes au Canada, battant d'une courte tête son ancêtre avec 11,3 millions de dollars canadiens (près de 10 millions au Québec et 1,4 million dans le reste du pays). Après ce succès, Alliance Atlantis nous propose aujourd'hui de le posséder à la maison avec la sortie DVD du film, qui est, à n'en pas douter, très attendue.

David Bouchard (Patrick Huard) est un détective francophone de la Sécurité du Québec, basé à Montréal, et qui a des méthodes plutôt expéditives. Il n'hésite pas à mettre "le poing" à la pâte si c'est nécessaire, car ce ne sera pas une cicatrice de plus au visage qui va l'effrayer, ni une bière de plus levée sous le nez. Martin Ward (Colm Feore) est quant à lui un officier anglophone de la Police Provinciale de l'Ontario, basé à Toronto. Il prend bien soin de repasser ses pantalons le matin, d'être rasé et coiffé de façon "réglementaire", et d'appliquer les lois, autant celles de son métier que celles du guide alimentaire canadien. Et que pensez-vous qu'il puisse se passer lorsque ces deux mondes vont se rencontrer? Les étincelles vont voler loin. Et la rencontre aura bien lieu, alors qu'un cadavre aura la bonne idée d'aller se jucher, de façon assez mystérieuse, en plein milieu d'un panneau délimitant la frontière entre l'Ontario et le Québec. Il n'y a pas d'alternative : l'enquête devra être confiée conjointement aux deux corps policiers, et de fait même, à nos deux atomes à l'effet répulsif!

Peu de clichés sont épargnés au spectateur, certains étant à peine dissimulés derrière des noms dérivés plus ou moins habilement. Ainsi, nous ne manquerons pas les équipes de hockey des "Patriotes" de Montréal et des "Loyalistes" de Toronto. Et que penser de Maître Grossbut, avec qui, bien sûr, toute personne de la ville de Québec, proche du monde du hockey et dont le nom a une consonance très proche, ne serait pas le fruit du hasard. Et ne parlons de M. Puttman, le "grand" patron du hockey nord-américain. Mais c'est surtout la rivalité légendaire et historique entre les anglophones et les francophones, entre les Québécois et les Ontariens (et même les Français dans certaines répliques) qui reste le fil conducteur de toute la première partie du film, donnant lieu à des scènes d'humour qui risquent de devenir des répliques historiques.

J'avoue ne pas avoir bien compris l'idée des "ondes brouillées" pour les premières minutes du film, reprenant même la nouvelle habitude américaine d'y inclure le logo du studio principal dans les effets. On y voit une image qui se brouille comme lors d'une mauvaise réception. L'effet est repris lors des textes de présentation du générique de début. C'est beau, mais c'est pourquoi? Je n'y vois aucun rapport avec le reste de l'histoire. Mais au-delà de cela, il y a un point qui m'exaspère dans ce film, même si je sais que beaucoup ne s'en rendront pas compte : le temps qui passe. Je sais que dans un film, on a droit à certaines libertés, mais il faut que ce soit aussi dans l'esprit du scénario. Or, ici, on se veut assez rigoureux malgré tout. Alors peut-on m'expliquer comment en l'espace de neuf heures (tout au plus, car je suppose que la journée débute à 7h00), un policier qui habite Montréal peut se retrouver sur une scène de crime à la frontière de l'Ontario, y faire son travail, revenir à Montréal dans le bureau de son patron, assister au premier rapport du médecin légiste qui a déjà examiné le corps, aller interroger un suspect sur la Rive-Sud (en le cherchant à deux adresses) et être à l'heure au spectacle de sa fille à 16h00? Mais ce n'est pas tout. Imaginez en face de lui son homologue de Toronto qui se prépare son petit déjeuner chez lui alors que la famille se lève, mais qui sera arrivé sur la scène du crime (frontière Ontario – Québec, je le rappelle) avant le policier québécois et qui aura en plus le temps de se changer avant de rencontrer les chefs à Montréal. La chronologie me dépasse beaucoup dans toute cette première partie du film! Sont forts les gars des vues!

Alliance Atlantis nous propose une édition particulière du film sur DVD. Tout d'abord, le boîtier contient deux disques. Sur le premier disque, il y a le film et les pistes de commentaires. Comme j'en ai fait mention plus tôt, le film est bilingue dans sa conception, c'est-à-dire qu'il a des dialogues en français et anglais, avec une petite majorité pour le français. De fait, trois versions possibles du film sont disponibles selon nos goûts : avec traduction sous-titrée française pour les textes en anglais, traduction sous-titrée anglaise pour les textes en français et le film bilingue sans traductions. Une vidéo de présentation par le réalisateur Érik Canuel est diffusée dès qu'on a choisi de visionner le film (dans les deux langues). Malheureusement, la scène semble avoir été filmée avec un caméscope (à cause du son) et, je ne sais pas si c'est voulu, le point est mal fait et notre homme est plutôt flou devant un arrière-plan plutôt net! On ne peut pas "passer" ce segment, seulement en avance rapide! Pour ce qui est de la qualité de l'image, le transfert est de bonne qualité, mais la photographie de nombreux plans, volontairement modifiée (surtout avec la tendance verte que l'on retrouve dans plusieurs scènes) ne permet pas réellement de juger. Mais d'un point de vue strictement technique, pas de défauts apparents. Pour les pistes sonores, le film est disponible en Dolby 5.1 et Dolby 2.0 dans les deux langues (même si c'est le même film, seuls quelques petits passages, comme des extraits sonores en arrière-plan changent de langue). Les effets sonores sont très bien rendus, principalement dans la piste 5.1, où toutes les enceintes sont bien utilisées selon les circonstances. Des sous-titres complets (pour toute la durée du film, à ne pas confondre avec ceux signalés précédemment) sont disponibles en français et en anglais. Les pages de menus principales sont animées, avec effets de transitions, et sonorisées. Elles restent par contre assez conventionnelles.

En guise de suppléments, nous avons tout d'abord quelque chose de plutôt rare, et même d'unique dans mes souvenirs : deux pistes de commentaires, une française et une anglaise, par le réalisateur Érik Canuel et le producteur Kevin Tierney. Mais l'exploit se trouve vite diminué par la pauvre qualité de la version française, que j'ai d'ailleurs lâchée au bout de 45 minutes, excédé d'entendre les mêmes louanges ou autocongratulations. Érik Canuel surtout, Kevin Tierney un peu moins, n'arrêtent presque pas de parler des acteurs ou des autres membres de l'équipe avec des adjectifs à n'en plus finir, avec l'impression qu'ils voudraient mettre tout le monde sur la même marche de l'être le plus merveilleux, du "chum" le meilleur ou de l'acteur le plus sympathique. En plus de ça, plus ou moins subtilement glissées, les remarques faisant mention au manque de temps, ce qui aurait empêché Canuel de tourner beaucoup de scènes qu'il nous décrit. Par contre, la piste de commentaires anglaise est beaucoup moins portée sur les mêmes déclarations (quoique) et donne un peu plus de détails techniques. Mais dans l'ensemble, ce n'est peut-être pas le type de commentaires auxquels on aurait pu s'attendre. Les autres suppléments restent un peu pauvres, comparés à la popularité du film. Nous avons six scènes supprimées, d'une durée totale d'environ douze minutes, avec des commentaires et des sous-titres encore une fois dans les deux langues. On a droit au vidéoclip d'Éric Lapointe pour la chanson "Tattoo", aux nombreuses bandes-annonces du film, là aussi dans les deux langues, et d'autres bandes-annonces d'Alliance Atlantis.

Au final, une certaine déception nous envahit avec cette édition DVD d'un film qui en aurait certainement mérité une bien meilleure. Certes, l'emballage est beau, mais l'habit n'a jamais fait le moine. Certes, le film qui a attiré les foules est bien à l'intérieur, mais on a l'impression qu'il manque du contenu, surtout quand on aperçoit deux disques dans le boîtier. D'un autre côté, l'éditeur nous propose un produit qui satisfera autant les anglophones que les francophones, chacun ayant une version qui lui conviendra, que ce soit dans les menus, les commentaires ou les dialogues. Mais pour le reste, on cherche encore si on n'a pas sauté une page de menu quelque part, surtout sur le second disque. Il serait très étonnant, dans ces conditions, de ne pas voir arriver une nouvelle édition d'ici quelques mois. Cette information est plus ou moins confirmée d'ailleurs dans la piste de commentaires française où Canuel et Tierney se laissent à quelques reprises emportés par la déclaration de retrouver les "bloopers" dans une prochaine édition, et ce n'est pas une supposition, mais bel et bien une affirmation. Malgré tout, le prix abordable dont fait l'objet de DVD à sa sortie sera peut-être une occasion de ne pas trop se fâcher quand une "Édition Spéciale" montrera le bout du boîtier un peu plus tard en 2007.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments4
Vidéo7
Audio9