Boris sans Béatrice
K-Films Amérique

Réalisateur: Denis Côté
Année: 2016
Classification: G (QC)
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 4
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 771028212996

Ce DVD est disponible chez:

Selon Martin Gignac
10 juin 2016

On s'amuse beaucoup devant "Boris sans Béatrice", le dernier film de Denis Côté qui a été présenté plus tôt cette année au prestigieux Festival de Berlin.

Bourgeois vaniteux qui cherche à comprendre le mal qui afflige son épouse Béatrice (Simone-Élise Girard) qui s'est enfermée dans un profond mutisme, Boris (James Hyndman) décide de modifier ses comportements dans l'espoir de pouvoir la guérir.

Denis Côté change son fusil d'épaule avec ce nouveau long-métrage qui emprunte à la fois au mythe grec et à la tragédie russe. S'inspirant des univers de Bunuel, Pasolini et Lynch, il propose une mordante satire de société où le rire est jaune et prononcé. Son scénario verbeux et trop explicatif n'est pas son plus abouti et subtil et carrière. Mais sa réalisation l'est, enchantant de ses prouesses techniques, soignant son ambiance à l'extrême. Sa direction de comédiens est à nouveau impeccable et le trop rare James Hyndman brille dans un rôle antipathique.

La musique ambiante et électronique de Ghislain Poirier est intrigante à défaut de toujours bien coller à l'atmosphère. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 demeure assez immersive, faisant ressortir des enceintes des bruits de grillons, de vent, d'hélicoptères et d'usine. Les voix sont claires et il y a des sous-titres blancs pour le cinéphile anglophone. La très jolie photographie est relevée par des teintes justes et précises. L'élégante palette de couleurs privilégie le gris et le blanc, alors que les contrastes légèrement imparfaits apportent une dimension trouble à l'ensemble.

La magnifique pochette montre le héros dont le visage est sur le point de se désintégrer. Le menu principal du disque est similaire. Il est statique, orné d'une agréable mélodie lancinante. Les suppléments comprennent des bandes-annonces et l'intéressant court-métrage "Que nous nous assoupissions" de Denis Côté qui se déroule dans un bois enneigé et qui privilégie une vue à la première personne.

Possiblement le long-métrage le plus accessible de son auteur qui s'amuse à changer de registre, "Boris sans Béatrice" est une farce cocasse des puissants de ce monde qui se demandent s'ils vivent une existence convenable. Le discours moral n'est pas toujours éloigné de celui de Bernard Émond, avec une tonne de bizarreries en prime et même la présence inquiétante de Denis Lavant en menace psychologique. Un véritable ovni du cinéma québécois qui sort amplement des sentiers battus.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments3
Vidéo7
Audio7