Bunker
Les Films Séville / EOne Entertainment

Réalisateurs: Patrick Boivin, Olivier Roberge
Année: 2014
Classification: G
Durée: 86 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212105920

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
13 juin 2014

Bienvenue dans "Bunker", un film québécois réalisé avec un budget minuscule qui fait beaucoup avec presque rien.

Deux hommes (Martin Dubreuil, Patrice Robitaille) affectés dans un bunker se demandent s'ils doivent obéir aux ordres lorsqu'une urgence se présente.

Récit paranoïaque s'il en est un, "Bunker" est un huis clos prenant qui agit de trois façons différentes sur le spectateur. Tout est d'abord question d'images et de décors, de la beauté de la photographie et d'un rythme lent qui permet de voir – mais est-ce réellement le cas? – ce qui se passe. Il faut laisser le temps à l'introduction de se développer, car les ruptures de ton sont nombreuses. A-t-on affaire à une comédie satirique? À une critique de l'impérialisme américain? Mystère.

À mesure que la mise en scène se raffermit, les personnages prennent de l'expansion et avec eux, leurs motivations. Ils deviennent complexes, tangibles, un peu prisonniers des stéréotypes (le rigolo qui ne pense qu'à s'amuser, l'autre trop sérieux à travailler), mais sans y être contraints totalement. C'est là que le duo formé de Martin Dubreuil et de Patrice Robitaille fait des étincelles. Leur chimie donne un résultat explosif, rigoureux.

Après quelques détours parfois inutiles en forêt, la conclusion déferle. Elle est imprévisible, mais surtout métaphorique, à l'image de ces hommes ravagés qui tentent de survivre lorsque la machine se dérègle et que les démons du passé reviennent les hanter. Le choc devient ainsi intrinsèque et malgré de nombreux passages obligés qui n'arrivent pas à tenir totalement en haleine, c'est le souvenir de la fin qui hante.

La très belle partition musicale alterne entre le piano et de lourdes décharges électriques qui agissent comme un volcan tranquille. Un jeu constant sur l'audio se fait ressentir, alors que la piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est martelée de bruit de voitures et d'électricité, de vent, de pluie et d'une alarme qui fait sursauter. Les dialogues sont généralement compréhensibles. Dommage qu'il n'est pas possible d'insérer des sous-titres en anglais, ce qui empêche de nombreux cinéphiles de suivre l'intrigue. Les images détaillées sont composées de teintes attrayantes, d'une palette de couleurs justes (dominées par le vert et le brun) et de contrastes plus que potables.

La jolie pochette sobre montre deux individus qui attendent à l'extérieur d'un bunker. Le contraste entre le jour et la nuit est saisissant. Le menu principal du DVD reprend la figure qui orne le boîtier. Le tout est statique, étant seulement baigné d'une mélodie aérienne. Aucun supplément ne pointe son nez à l'horizon.

Moins modeste et plus philosophique qu'il ne le laisse paraître, "Bunker" demeure pour l'instant un des meilleurs films québécois de 2014. Pas besoin de grand-chose pour intéresser: seulement deux excellents comédiens, un scénario soigné et une mise en scène appropriée.


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments-
Vidéo7
Audio8