Juste la fin du monde
Les Films Séville / EOne Entertainment

Réalisateur: Xavier Dolan
Année: 2016
Classification: G - Déconseillé aux jeunes enfants (QC)
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Français, Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212117022

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
7 février 2017

Après 12 ans loin des siens, un artiste (Gaspard Ulliel) décide de revoir sa famille pour leur apprendre qu'il n'en a plus pour longtemps à vivre.

Ostracisé à Cannes où est il néanmoins reparti avec le prestigieux Grand Prix, "Juste la fin du monde" n'est pas un film aimable, loin de là. C'est un peu l'anti-Mommy et en même temps son miroir ténébreux. Aucun personnage n'est attachant, le contexte est inexistant et il semble y avoir encore plus d'engueulades hystériques que dans les précédents films du cinéaste. Il s'agit pourtant du long-métrage le plus douloureux de son réalisateur, le plus émouvant également.

Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, "Juste la fin du monde" ne fait qu'un avec l'univers personnel de Dolan, plus encore que sa récente transposition Tom à la ferme. Les gens se déchirent en tentant de se dire "je t'aime" et la famille évidemment dysfonctionnelle est source de tous les maux. À partir de là les mots peuvent affluer et autant ils sont abondants, autant ils cachent ces malaises et ces non-dits, cette souffrance latente et ce désespoir chronique. L'important se terre dans les yeux empreints d'émotions, ces regards fuyants, ces faux sourires clinquants et ce climat de mélancolie qui est bien instauré par la riche partition musicale. Le tout étant sublimé par une mise en scène frontale et à fleur de peau, où le gros plan qui n'est jamais très loin de l'abstraction consume lentement les corps et les âmes jusqu'à l'implosion finale. Les excellents comédiens qui surjouent (Vincent Cassel, Nathalie Baye) ou sous-jouent (Marion Cotillard, Gaspard Ulliel) volontairement forment une partition de grande classe, au service du chef d'orchestre.

Le cadre réaliste n'a plus de mise dans ce lieu désert où les racines théâtrales sont évidentes. Un réel travail sur la forme s'effectue en profondeur et si les tics stylistiques du créateur sont toujours là (on aurait enlevé ces ellipses rêvées ou fantasmées qui dérèglent l'attention et cassent un peu la tension au lieu de créer l'échappatoire salvatrice), on sent une réelle maturité dans son travail. Celui de ne plus hésiter à se mettre à nu, à embrasser cette valse des sentiments et à laisser le mélo prendre la place qui lui revient.

Sur le simple plan technique, on retrouve des images extrêmement soignées qui sont ponctuées de contrastes précis, de teintes harmonieuses et d'une riche palette de couleurs. Plus subtile est la piste sonore francophone, qui titille les enceintes en misant sur les dialogues. De visibles sous-titres blancs sont disponibles pour le cinéphile anglophone. Le merveilleux boîtier en carton comporte huit cartes postales à l'effigie des acteurs et du tournage. Le menu principal du disque est statique et sans mélodie, reprenant une pose du jeune héros qui semble au bout du rouleau. Aucun supplément ne figure à l'horizon: tout le contraire de la luxueuse édition européenne.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments-
Vidéo8
Audio7