Le problème d'infiltration
K-Films Amérique

Réalisateur: Robert Morin
Année: 2017
Classification: 13+ (QC)
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 4
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 771028213894

Ce DVD est disponible chez:

Selon Martin Gignac
7 décembre 2017

Au rayon des films oppressants, "Le problème d'infiltration" sera difficile à déloger, conférant son créateur Robert Morin dans une classe à part au sein du cinéma québécois.

Un chirurgien (Christian Bégin) passe une bien mauvaise journée, d'abord au travail puis chez lui dans son immense demeure. Tout le déçoit: son fils, son épouse, ce souper entre amis et surtout ce problème d'infiltration.

Construit comme une oeuvre horrifique qui emprunte à la fois à l'expressionnisme allemand de Murnau et au Shining de Kubrick, "Le problème d'infiltration" est une satire du bonheur et des monstres contemporains. Un long-métrage particulièrement malsain où les nombreux faux plans-séquences évoquent l'enfermement, étouffant peu à peu le spectateur. Malgré un scénario pas toujours subtil, un traitement théâtral et le manque de surprise de la part de son auteur qui se spécialise dans ce type d'antihéros, il est difficile de ne pas frissonner. Le rythme lent glace littéralement le sang, au même titre que toutes ces métaphores et le jeu incendiaire de Christian Bégin, qui trouve aisément son meilleur rôle au cinéma.

Un immense travail a été apporté au son et cela se ressent aisément. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est d'une immersion sidérante, utilisant une multitude d'éléments (bourdonnements, cris, hélicoptères, télévision, etc.) pour en mettre plein les oreilles. Les dialogues demeurent toutefois audibles et il y a de visibles sous-titres blancs pour le cinéphile anglophone. La qualité des images est plus qu'appréciable. La palette de couleurs est précise, les détails nombreux et la définition des contours ne déçoit pas. Il n'y a que les contrastes qui sont parfois un peu trop sombres.

La pochette intrigante montre un homme se dresser, entre flammes et eau. Le menu principal du disque propose plutôt un visage humain qui semble apeuré. L'ensemble est statique, porté par une mélodie inquiétante. Les suppléments comprennent deux bandes-annonces, les réactions du public lors de la première à Fantasia, une révélatrice session de maquillage avec l'acteur Guy Thauvette et surtout une très intéressante piste de commentaires où le cinéaste et Christian Bégin discutent de cet objet bien étrange.

Avec sa mise en scène de haute voltige et ses interprètes intenses, "Le problème d'infiltration" n'épargnera rien ni personne. Si Robert Morin a fait beaucoup plus fin par le passé, sa propension à vouloir faire réagir force le respect. Voilà un film dont on risque de se rappeler longtemps.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio9