Big Bad Mama
Roger Corman Early Films
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateur: Steve Carver
Année: 1974
Classification: R
Durée: 84 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais(Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
26 décembre 2005

Récit coloré à la limite du culte, "Big Bad Mama" est un feu d'artifice d'action, de sous-entendus sexuels et de répliques mordantes des plus réussies. À quand un remake par un certain Quentin Tarantino?

Wilma McClatchie (Angie Dickinson) veut le bonheur de ses jeunes filles Polly (Robbie Lee) et Billy Jean (Susan Sennett). Voilà pourquoi elle les initie à la vraie existence de 1932 aux États-Unis lorsque l'argent se fait très rare. Pour assurer les besoins de la famille, elle n'hésite pas à vendre de l'alcool pendant la prohibition, faire des stripteases, organiser des vols armés, kidnapper quelqu'un d'important et tirer sur les policiers au moment opportun! Les demoiselles s'acclimatent rapidement à ce destin particulier en prenant une part active aux larcins et en détournant l'amant de maman vers leurs propres lits. Pendant que ses progénitures deviennent des femmes, le cœur de Wilma vacille entre le bandit jaloux Fred Diller (Tom Skerritt) et l'arnaqueur non-violent William J. Baxter (William Shatner). Elle devra toutefois être alerte, car les représentants de l'ordre sont à ses trousses et ils ne risquent pas de lui faire de cadeaux.

Que de beaux exemples pour la jeunesse! En tournant ce long-métrage totalement anticonformiste en 1974, le cinéaste Steve Carver (qui n'a pratiquement réalisé que des films de série B au courant de sa carrière) s'est bien entendu attiré les foudres des censeurs américains, mais cette publicité gratuite a fait de "Big Bad Mama" une curiosité fascinante en ces temps où les gens ne juraient que par Chinatown et The Godfather Part II. Sans être très intellectuel, il faut admettre que l'œuvre qui a fait connaître Angie Dickinson (elle avait déjà remporté un Golden Globe en 1959 pour Rio Bravo, mais c'est surtout ce rôle qui allait lui permettre de gagner un nouveau Golden Globe pour la série télévisée Police Woman et l'instaurer en tant qu'actrice à surveiller de très près), est un divertissement exemplaire à regarder entre amis. Les poursuites sont nombreuses, les filles se dévêtissent à rien et le rire est omniprésent. Un vrai cartoon pour adultes avertis!

Avec le recul (et en omettant volontairement une quelconque suite survenue en 1987), il faut avouer que "Big Bad Mama" a plutôt bien vieilli. Le rythme est toujours aussi souple et relaxant. Les motivations des personnages représentent le chaos que l'État ne pourra contrôler que partiellement. Les protagonistes, très à l'aise, sont à la fois disjonctés et attendrissants. Susan Sennett et Robbie Lee sont tout à fait crédibles en filles de Angie Dickinson qui, de son côté, crève littéralement l'écran en mère que n'importe quel enfant aimerait avoir. Seul le magnétisme très particulier de Tom Skerritt arrivera à la hauteur de cette femme d'exception. Les deux font des flammèches et ce n'est certainement pas William Shatner qui réussira à les séparer!

À grands coups de banjos bien placés, la musique offre un côté décalé très apprécié. Qu'elle colle parfaitement à l'action ou qu'elle devienne plus humoristique, la trame sonore demeure toujours bien adaptée. Dans ce sens, le rendu mono est plutôt agréable. Les voix sont audibles par-dessus les nombreux bruits distincts. En quelques occasions (au début par exemple, lorsque les gens chantent dans l'église), il y a un peu de grincements lorsque le son est trop élevé, mais par la suite, ces anomalies ne se reproduisent pas. Ce n'est toutefois pas le cas de la portion vidéo. Malgré des sous-titres jaunes très visibles, les autres éléments laissent à désirer. La pellicule est imparfaite et il y a beaucoup trop d'égratignures. En une seule séquence, des images plus sombres succèdent à des plus pâles. Par moment, il y a même un indicateur de changement de bobine ("cigarette burn") qui apparaît en haut à droite de l'image! C'est rarement beau à voir.

De facture simple, mais efficace, la pochette du film montre un soulier de femme avec un revolver en guise de talon! Tout à fait dans l'esprit du film! Pour sa part, le menu principal du DVD sur fond de musique accélérée montre deux montages simplistes. En haut, il y a plusieurs femmes avec une arme. En bas, une voiture qui pourrait être celle d'Al Capone. Ces segments sont statiques, mais le titre du long métrage et la fumée d'une cigarette bougent quelque peu. Les icônes habituelles (le film, choisir une scène, intégrer des sous-titres, les bonus) s'y retrouvent et c'est pratiquement impossible de se perdre. Les suppléments, au nombre de trois, ne sont guère édifiants. La bande-annonce très moyenne vend plutôt mal le récit. La rétrospective de quinze minutes est nettement plus intéressante. Angie Dickinson, le réalisateur Steve Carver, le producteur exécutif Roger Corman, le scénariste Frances Doel et plusieurs autres personnes parlent de ce projet en n'omettant presque aucun détail. Les secrets, les anecdotes, l'accueil du public, le tournage de scènes plus osées et encore plus de sujets sont explorés sommairement. Même si c'est assez court, cela demeure supérieur à la piste de commentaires. Entendre Dickinson et Corman parler du film n'est pas une perte de temps, mais lorsqu'ils se mettent à trouver toutes les scènes extraordinaires, le spectateur apprend finalement peu de choses.

Un film à la psychologie des personnages assez nulle peut être extrêmement divertissement s'il est traité avec légèreté et beaucoup d'humour. Sans être une œuvre essentielle, "Big Bad Mama" se regarde sans difficulté, avec un sourire béat et un sentiment d'évasion qui se dessine dès le tout début. Ce n'est pas du grand art, mais ce n'est pas mauvais non plus. À l'occasion, cela peut être bénéfique.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo4
Audio6