Blades of Glory
Paramount Home Entertainment

Réalisateurs: Josh Gordon, Will Speck
Année: 2007
Classification: PG
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
21 août 2007

C'est reparti pour un nouveau film mettant en vedette Will Ferrell (combien il peut en faire dans une année ce type?!). Cette fois-ci, le projet est produit par Ben Stiller et traite du patinage artistique ainsi que de la rivalité minant la glace en tout temps, le tout porté par des interprétations caricaturales au possible toutefois non dénuées d'un certain charme.

Il s'agit de l'histoire de deux patineurs rivaux. L'un jeune, réservé et entraîné (Jon Heder de Napoleon Dynamite). L'autre, rockeur, peu orthodoxe et libidineux aux limites de la folie (Will Ferrell). Lorsqu'une de leur compétition les taille pour la meilleure place en même temps, la rivalité cause une bataille les expulsant à vie de leur catégorie de patinage. Quelques années plus tard, on retrouve les deux adversaires dans des lieux de travail plutôt éloignés de leur rêve: l'un est vendeur de patins à glace et l'autre est une mascotte pour un spectacle sur glace qui se saoule tout le temps (vous aurez deviné lequel est lequel). Un ancien partisan fanatique revient à la charge en leur faisant réaliser qu'ils ne sont bannis à vie que d'une catégorie. Ils peuvent encore patiner en couple. Après une recherche très infructueuse, ils se rendent à l'évidence qu'ils devront travailler ensemble.

Bien qu'aux vues des bandes-annonces du film l'un pourrait être tenté de croire que des messages homophobes pleuvraient, hé bien il n'en est rien. Le métrage traite la plupart du temps de l'acceptation, l'ouverture d'esprit (pas tant que ça non plus), l'union dans l'adversité et plusieurs autres sujets dont traite le cinéma bon penseur. Bien que criblé de plusieurs défauts (entre autres les interprétations sont inégales et la psychologie générale manque de travail), on retrouve au centre une sincérité véritable émanant de Will Ferrell et Jon Heder. Autrefois ennemis, ils découvrent un frère en l'autre et une complicité comme ils n'auraient jamais pu espérer. Excepté que le spectateur voit venir l'issue à plusieurs miles à la ronde, prévoyant du coup le dénouement et les complications (minimes) du récit.

Néanmoins, certains passages laissent échapper de grands rires qui témoignent de la réelle ampleur qu'aurait pu avoir le film. Cette scène où nous voyons le redoutable premier essai du "Lotus de fer", développé par l'entraîneur, regorge (littéralement) d'un traitement plus hard, qui n'aurait certes pas été de trop. Qui dit Will Ferrell dit également moments cocasses à la tonne. Sur ce point, les vedettes du monstre sur patins en donnent pour son argent. Le comique en tête d'affiche y va d'improvisation réussie aux moments plus émotionnels en passant par les élucubrations frôlant le cabotinage. Sa co-vedette joue plus réservée, comme son personnage l'indique, demeurant un peu trop dans l'ombre et dont le personnage méritait d'être davantage peaufiné. Les policiers canadiens, encore perçus par les amerloques comme de vulgaires soldats du Royal 22ème Régiment offrent une vision à priori (un peu) drôle mais dont l'effet s'estompe vite pour dégoûter au final. La réalisation est assurée par des nouveaux venus et, par moment, s'essouffle un peu devant l'énormité du projet et les bouffonneries de Will Ferrell, ne sachant pas quand être énergique ou mollassonne, ce qui est souvent le cas, laissant les acteurs livrés à eux-mêmes. La mise en scène impersonnelle et froide (en lien avec la saison du film?) ne peut que laisser de glace (encore un lien?) face à un film qui aurait gagné à montrer plus de tête que de cœur.

En guise d'extras, nous avons droit à des scènes coupées, alternatives, une bobine de scènes manquées (trop courte), des revuettes sur le tournage du film et des entrevues avec les comédiens (hilarantes). Sont absents (avec grand regret) de la galette numérique: des commentaires audio ainsi que la bande-annonce du film. Malgré ces retraits, les bonus offrent une bonne vue du projet, de l'implication des acteurs dans un lot appréciable à l'image du film: vite regardé, vite oublié.

Le transfert est superbe. Aucune trace de défaut de compression n'est visible. Les couleurs ressortent avec éclat, le son ambiophonique est disponible en Dolby Digital 5.1 dans les trois langues pour offrir au spectateur une expérience sonore exaltante lors des compétitions sur glace. Du beau travail de qualité qui améliore passablement le visionnement du film ainsi que son écoute.

"Blades of Glory" est une comédie de l'ère fast-food. Une fois regardé, on l'oublie rapidement. Certaines scènes contenues dans le métrage auraient mérité d'être accentuées pour obtenir un propos peut-être plus en rapport avec une critique sur ce sport plutôt que d'un prétexte à des idées demeurant malgré tout bien ficelées. Les interprétations manquent un peu d'assurance (notamment Jenna Fischer), mais l'ensemble se tient bien, faisant de son mieux dans l'ombre de Will Ferrell, qui prend une (trop?) grande place, sentant l'urgente envie d'en faire plus.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments9
Vidéo8
Audio8