Bull Durham
Collector's Edition
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Ron Shelton
Année: 1988
Classification: 14A
Durée: 108 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Espagnol (DD20), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
30 mars 2008

Pendant sa carrière de réalisateur, Ron Shelton n'a pratiquement parlé que de sports. Son jeu de prédilection est toutefois le baseball, ce qui n'est pas surprenant pour un homme qui a évolué dans l'entourage des Orioles de Baltimore. Son premier - et plus gros succès - a été "Bull Durham", qui fête justement son vingtième anniversaire en 2008. C'est le moment de retourner à une époque pas si lointaine, celle où Kevin Costner jouait encore dans des œuvres de qualité.

Une équipe de la ligue mineure de baseball a du mal à enligner les victoires. Son lanceur étoile, Nuke (Tim Robbins), a un bras superpuissant, mais son faible jugement le met souvent dans l'embarras. Afin de l'aider à bien évoluer, la direction décide d'embaucher le receveur vétéran Crash (Costner) qui est bien près de pulvériser le record de coup de circuit. Entre ces deux hommes se positionne toutefois la belle Annie (Susan Sarandon) qui a l'habitude de coucher avec le joueur le plus prometteur de la saison. Qui choisira-t-elle entre un jeunot plein de talent et d'énergie et un professionnel plus réservé?

Deux décennies après sa sortie, cette œuvre légèrement surévaluée conçue pour toute la famille rappelle deux éléments qu'il était si facile d'oublier avec le passage du temps. Dès ses débuts, Ron Shelton (qui n'a rien fait depuis son désastreux Hollywood Homicide) arrivait à bien doser le culte du baseball, entre drame et comédie, pour offrir une production populaire qui a su rallier un peu tout le monde. Le genre de film sympathique issu de son époque qui, sans marquer les esprits outre mesure, se regarde toujours avec le même sourire aux lèvres. Un poil trop long, le récit ne pouvait que faire sourire tant les péripéties gentilles et irrésistibles se succédaient à l'écran avec un humour bon enfant.

C'était également l'époque où Kevin Costner enchaînait les succès mérités, entre The Untouchables et JFK, devenant très amis avec le cinéaste (il était la vedette de son suave Tin Cup), se plaisant à jouer dans des longs-métrages sur la balle molle, qu'ils soient convaincants (Field of Dreams) ou non (For Love of the Game). Dans le rôle principal, il est tout à fait dans son élément, s'avérant charmant avec sa belle et grincheux envers son élève rival. Tim Robbins, extraverti à souhait, doit composer avec un personnage qui arrive à se détacher de ses stéréotypes, un combat qu'affrontait au même moment une rayonnante et sensuelle Susan Sarandon. Voilà un trio qui est difficile à déclasser.

Les aspects techniques ne sont toutefois pas particulièrement édifiants. Les images sont terriblement ordinaires, avec ces couleurs ternes, ces teintes peu éclatantes, ce grain souvent présent et ce blocage qui est parfois de la partie. Cependant, le tout s'améliore progressivement, et la qualité des contrastes et de la définition des contours n'est pas négligeable. Plus soutenue est cette piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 qui sait jouer de musique, d'applaudissements et de verre brisée pour alimenter périodiquement les enceintes. Les voix, généralement très correctes, peuvent être soutenues de sous-titres blancs en anglais et en espagnol. Et il faudrait s'y réfugier tant la piste francophone est particulièrement inaudible. Le pire timbre sonore demeure celui de Costner qui parle avec la même voix que Tom Cruise! La musique, variée et plutôt populaire, se permet même de prendre des détours vers les mélodies françaises, celles qui sont dominées par Édith Piaf.

La pochette kitch et sereine montre Costner et Sarandon avec un coucher de soleil en arrière-plan. Le menu principal du DVD est beaucoup plus séduisant avec ce montage efficace de scènes qui apparaissent dans des cartes à collectionner! Pour un titre de cette envergure, il est surprenant de constater que les bonus soient au rendez-vous en si grand nombre. Il n'y a pas moins de trois documentaires. Les deux premiers touchent davantage aux dimensions du baseball en traitant de cet opium du peuple, du soin apporté aux dialogues pour les rendre crédibles, aux différences entre les multiples ligues mineures et au réalisme des situations. Le dernier segment fait plutôt un tour d'horizon de l'histoire et des personnages, des thèmes abordés et des difficultés de financement pour une œuvre qui demandait... un budget de six millions! Le tout est généralement intéressant et pertinent, plus que ces publicités déguisées sur l'aura de Kevin Costner et sur ces séquences sportives. Le bonheur atteint son paroxysme sur les deux pistes de commentaires. La première et la plus sérieuse est composée des mots de Shelton qui ne manque pas une occasion de transmettre sa passion pour son ouvrage, expliquant ses choix narratifs et les façons dont les ligues majeures se sont peu à peu transformées en vampires de l'argent. La seconde piste, joyeusement divertissante et pas piquée des vers, est alimentée des réflexions de Costner et de Tim Robbins (monsieur Susan Sarandon) qui se remémorent avec humour leurs répliques en se lançant constamment la balle. Entre des souvenirs d'audition et de fous rires, la bonne humeur y est constante.

"Bull Durham : Collector's Edition" est un film qui a plutôt bien vieilli. Des situations douces et cocasses qui se revoient sans cesse avec le même plaisir, un scénario extrêmement mince qui n'est très souvent qu'un prétexte à enfiler des répliques spirituelles et surtout un parfait triptyque d'interprètes qui se la coulent douce. Et avec les nombreux suppléments, les admirateurs risquent d'être à nouveau au septième ciel.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo6
Audio7