Arrow [Blu-ray]
The Complete First Season
Warner Home Video

Créateurs: Greg Berlanti, Marc Guggenheim, Andrew Kreisberg
Année: 2012-2013
Classification: 14A
Durée: 972 minutes
Ratio: 1.78:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 9 (4 BD-50 + 5 DVD-9)
Code barres (CUP): 883929308132

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Ducharme
11 octobre 2013

Inspiré du personnage de Robin des bois, Green Arrow est l'un des superhéros préférés des amateurs de la bannière DC Comics. À l'image de son confrère Bruce Wayne alias Batman, Oliver Queen est un riche séducteur dépourvu de pouvoirs extraordinaires qui, par la force des choses, a acquis une habileté unique lui permettant de devenir un justicier. Cependant, les deux hommes diffèrent sur deux points soit: les armes et la cause. Batman ne porte pas d'arme dangereuse sur lui et il est motivé par le désir d'éviter que des personnes puissent perdre leurs proches d'une façon aussi tragique que la sienne. Du côté de Green Arrow, ce dernier a comme arme de prédilection un arc, avec lequel il tire souvent des flèches spéciales, telles que la fameuse flèche-gant de boxe, la flèche-boomerang, la flèche-lacrymogène, bombe à retardement, etc. Ses aventures ont fréquemment tourné autour des causes sociales qui permettaient de devenir l'outil préféré des écrivains pour mettre à jour les différents modes d'injustice dans notre société. Toutefois, le personnage a vu dans les années 90 son rôle complètement changé après le succès planétaire du livre Batman Year One de Frank Miller. Afin de mettre en œuvre cette transformation, les artisans imaginèrent une histoire dans laquelle notre archer tuait accidentellement un malfaiteur. Suite à cet événement, il adopta des méthodes plus violentes, utilisant des flèches réelles au lieu des gadgets initiaux, allant même jusqu'à tuer de sang-froid. Après de nombreuses plaintes face à ce changement radical, DC Comics tua le personnage pour le remplacer par son fils Connor Hawke. Malgré que celui-ci reprenait le style plus conventionnel de Green Arrow, la compagnie prit la décision suite aux demandes incessantes des amateurs, de redonner vie à Oliver Queen sous la plume du réalisateur Kevin Smith à la fin des années 90. Cette renaissance coïncida de près avec son arrivée dans l'univers des séries Smallville et Justice Unlimited ce qui lui valut un important regain de popularité. Laquelle fut popularité assez importante pour convaincre la chaîne CW de produire une série centrée sur le héros. Tout d'abord, développé comme spin-off de Smallville dont le comédien Justin Hartley devait reprendre le rôle d'Oliver Queen, la production prit une autre direction à cause du succès des films The Dark Knight et The Dark Knight Rises. Par ce fait, une toute nouvelle distribution fut choisie et un ton plus réaliste fut adopté pour cette nouvelle émission où Green Arrow perd à nouveau son statut de héros.

Présumé mort depuis cinq ans suite à un accident nautique, le riche héritier Oliver Queen est découvert en piteux état dans une île isolée de la Mer de Chine. Ce dernier verra dès son retour à Starling City, la lourde tâche de cacher à son entourage non seulement la vérité sur l'homme qu'il est devenu, mais également la mission que son défunt père lui a confiée.

La série "Arrow" est honnêtement la production la plus difficile que j'ai eu à critiquer à ce jour, tant qu'elle semble vouloir plaire à tout le monde. D'un côté, nous avons de l'action, des intrigues policières et des personnages tirés des bandes dessinées afin de captiver un auditoire masculin. De l'autre, nous avons des aventures amoureuses superficielles et des top-modèles qui passent plus de temps qu'à la normale torse nus afin d'attirer à un auditoire féminin. Malheureusement, la rencontre entre ces deux genres très différents devient un problème de taille au cours des treize premiers épisodes puisque le balancement, le contenu et le rythme en souffrent énormément. D'autant plus que les écrivains n'ont que quarante minutes pour développer à la fois des intrigues amoureuses et policières. Sur ce, s'ajoute le récit des événements qui se sont passés sur l'île lorsque Oliver Queen était présumé mort et celles entourant les personnages secondaires. Par autant d'incidents en aussi peu de temps, ce n'est pas une surprise que nous avons l'impression que le contenu ne paraît pas aussi développé qu'il devrait. C'est une lourde tâche de bien balancer autant de récits différents sans affecter la qualité de l'ensemble, car l'un a toujours tendance à prendre le dessus sur les autres. C'est le cas pour le triangle amoureux, qui au cours de la première moitié fait de l'ombre aux intrigues policières au point de nous donner l'impression d'écouter Gossip Girl plutôt que des aventures d'un superhéros. Heureusement, le tout s'arrange nettement lors de la seconde moitié étant donné que les épisodes sont davantage axés sur les péripéties qui se sont passées sur l'île, son entraînement ainsi que sa relation avec Slade Wilson alias Deathtroke. De cette manière, la série se concentre principalement sur ce qu'elle aurait dû faire dès le commencement, soit expliquer les raisons de la transformation d'Oliver Queen en Green Arrow. C'est pourquoi la seconde moitié est excellente en comparaison à la première. Le fait d'entrer dans le vif du sujet rehausse la qualité autant au niveau du contenu, de la réalisation et même de l'interprétation du comédien principal qui semble plus à l'aise dans les scènes d'action que celles d'amour.

Sans être un grand acteur, Stephen Amell possède, sans conteste, la carrure de l'emploi. Cependant, le premier défaut de la série demeure la distribution qui visiblement a été choisie davantage pour leur physique que pour leur talent d'acteurs. Ce facteur devient encore plus évident pour les comédiennes lesquelles ne montrent jamais la moindre émotion. On prend plus de détours ridicules au niveau des dialogues afin que les actrices puissent verbaliser les émotions ressenties par leur personnage. Cela devient difficile de croire aux relations existant entre les personnages lorsqu'une d'entre elles dit avec un ton laconique et un air facial inexpressif qu'elle n'a jamais été aussi contente de toute sa vie. Le fait comique dans cet aspect est que la version française de la série devient meilleure que l'originale, car ceux qui servent de doublure vocale donnent davantage d'émotions et d'intonations que les vrais comédiens. Malgré l'amélioration ressentie lors des derniers épisodes, un facteur me dérange toujours dans cette transposition qui se veut réaliste, c'est la, banalisation des meurtres. L'archer tue davantage que les malfaiteurs qu'il pourchasse et cela sans vérifier si les personnes sont véritablement coupables. Pire encore, il justifie ces morts en disant que c'est mieux pour la société Ceci dénature en premier lieu le personnage et en deuxième envoie un message assez dangereux aux jeunes spectateurs, lesquels peuvent penser que tuer quelqu'un est bien tant et aussi longtemps que la victime est méchante. Par contre, nous dénotons un certain manque de logique dans sa façon de percevoir ses gestes étant donné qu'il n'a aucun problème à tuer, mais lorsque Huntress ou son propre Garde du corps décide d'enlever la vie à un malfaiteur, notre héros se sent outré. Pourtant, leurs motivations ne sont pas très différentes que les siennes. Heureusement, la finale de la saison démontre un Green Arrow qui commence à prendre conscience que tuer est mal, ce qui laisse présager qu'il laissera sous peu son uniforme de vengeur pour endosser celui de héros. Sinon, je vois mal comment il pourrait faire partie de la Justice League au côté de Batman et Superman. Pou ce qui est de la réalisation, le tout se démontre solide au niveau visuel. Toutefois, les réalisateurs devraient miser davantage sur le point de vue de la direction d'acteurs afin de les aider à offrir toujours le meilleur d'eux-mêmes.

Du côté technique, l'image projetée dans sa version Blu-ray s'avère de très bonne qualité. Les couleurs et les détails apparaissent naturels. Cependant, nous pouvons remarquer de légers problèmes de contrastes dans les coins sombres et ce spécialement lorsque l'action se situe sur l'île où Oliver Queen a échoué. Du côté son, la bande sonore DTS-HD Master Audio 5.1 propose un soutien parfait aux scènes d'action présentées à l'écran ainsi qu'une reproduction naturelle des dialogues dans son ensemble. Par contre, nous notons l'absence de finition lors des scènes plus tranquilles dû au manque de sons ambiants, le tout semble parfois perdre l'illusion du réaliste que l'on tente d'instaurer.

La section des suppléments contient deux documentaires et un panel d'un peu moins de trente minutes qui portent sur l'entraînement physique des comédiens ainsi que sur les différentes étapes de conception, partant de la bande dessinée jusqu'au montage final. Par leur richesse en informations, ces deux documents se révèlent franchement intéressants à découvrir. Sans compter que nous apprenons beaucoup sur la direction que les artisans veulent donner à leur personnage principal. Le tout se conclut par des scènes tranchées au montage ainsi qu'un bêtisier assez amusant à découvrir.

Même si la première saison est parsemée de lacunes et de contradictions, la qualité montante de la seconde moitié présage que la prochaine année sera franchement meilleure. Sans oublier que l'apparition de Black Canary et Flash est officialisée ce qui pourrait donner un sérieux coup de main dans les problèmes éthiques de notre archer favori. La question demeure à savoir si la transposition de la bande dessinée fera partie de l'univers du Superman de Zack Snyder. À ce jour, les officiels semblent changer d'idée toutes les semaines à ce sujet. De ma part, même si les treize premiers épisodes m'ont énormément déçu, je suis incapable de leur donner une mauvaise note, car les artisans de la série ont réussi à combler mes attentes avec une seconde moitié riche en émotions. Espérons que l'équipe de la production saura également rééquilibrer son tir afin de nous offrir des épisodes mieux construits que ceux diffusés depuis ses débuts.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments8
Vidéo9
Audio8