Aveux
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Claude Desrosiers
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 528 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935835615

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 avril 2010

Présentée sur les ondes de Radio-Canada en septembre 2009, l'émission dramatique "Aveux" est certainement une des meilleures séries québécoises du millénaire avec ses personnages complexes et ses intrigues déroutantes.

À l'origine, Simon (Maxime Denommée) s'appelait Carl, mais il a changé de nom et il a coupé tous les ponts avec sa famille. Le passé va cependant le rattraper lorsqu'il livre un divan chez un ami d'enfance (Benoît McGinnis). De fil en aiguille, des questions d'une autre vie refont surface, et le jeune homme, habitué à mentir, devra jongler avec les faits antérieurs afin de ne pas perdre tous ses acquis du présent.

Ce serait un sacrilège de dévoiler trop d'éléments de cette histoire particulièrement prenante et captivante. Le scénario dense est habilement mené et la progression tient constamment en haleine. Il faut avouer que les retournements de situations sont nombreux et que les différents regards se juxtaposent, mais pas toujours parfaitement, ce qui laisse de nombreuses questions en suspens. Les thèmes abordés sont autant d'éléments abrasifs qui marquent les esprits tant l'agencement relève presque du génie.

Surtout que les personnages sont nombreux et qu'ils sont campés par d'excellents comédiens qui se plaisent à laisser dans l'ombre des informations importantes. Le talent de Maxime Denommée n'est plus à prouver et le tandem Danielle Proulx et Guy Nadon en fait un des plus beaux couples à l'écran, mais pour une rare fois, il est possible de découvrir de nouvelles têtes, dont Évelyne Brochu et Catherine Proulx-Lemay qui composent des femmes fortes. Autour d'eux se trouvent des êtres qui semblent parfois stéréotypés, mais qui prennent de l'épaisseur au fil des péripéties, dont le plus surprenant s'avère possiblement René Gagnon, méconnaissable.

La réalisation éthérée de Claude Desrosiers est un autre élément important de la série. Il multiplie les ellipses chronologiques sans jamais perdre le spectateur, utilisant des dialogues superposés qui sont toujours naturels et poétiques. Son obsession pour le vert se faire ressentir dans la plupart des plans, et son parti pris pour le grain laisse une efficace image stylisée. Sans doute que la palette de couleurs aurait pu être un poil plus riche, mais les contrastes demeurent précis, tout comme ces teintes qui surprennent favorablement. La piste sonore francophone fait ressurgir des différentes enceintes des bruits de foule et d'instruments de musique. Les mélodies mélancoliques évoquent le piano langoureux, quelques schémas de Cha Cha et des tubes accrocheurs, dont un de Depeche Mode. Bien qu'il n'y ait pas de sous-titre (le public anglophone aurait sans doute voulu suivre ces aventures presque dantesques), les voix s'entendent sans difficulté.

Au total, il y a 12 épisodes répertoriés sur trois DVD. Les émissions d'une durée de 44 minutes débutent rapidement par un magnifique et obsédant générique. Le tout est inséré dans un élégant boîtier noir et vert où des effets optiques évoquant de la buée se font ressentir. Le coffret est orné de plusieurs photos et d'une réflexion écrite de l'auteur Serge Boucher. Il faudra faire attention en manipulant les disques 2 et 3. Puisqu'ils ne sont pas insérés d'une manière orthodoxe, il est si facile de les endommager. Pour éviter le pire, mieux vaut étudier minutieusement l'emballage avant de les retirer et, surtout, de les remettre. Ce n'est pas très pratique, mais il faudra s'en contenter. Les menus principaux des DVD sont statiques, reprenant quelques personnages importants tout en y rajoutant un inquiétant air musical. Le seul supplément disponible se retrouve sur le premier épisode du premier disque. Il y a une piste de commentaires de l'auteur Serge Boucher et du cinéaste Claude Desrosiers. Leurs propos, bizarres dans un premier lieu, prennent peu à peu de l'aplomb, quoiqu'ils semblent toujours hésitants à en révéler le moins possible, ce qui est tout à fait normal.

Difficile de se rappeler à quand remontait une série québécoise aussi intéressante et fignolée qu'"Aveux". À Tout sur moi, la seconde saison de Grande Ourse , et même La vie, la vie. Plus dramatique et compliquée, cette émission est portée par son scénario ravageur qui, bien qu'il s'épuise légèrement au bout du huitième épisode, ne peut que pousser le spectateur à en demander toujours plus. Comme quoi la télévision de la Belle Province peut également jongler avec des titres de très grandes qualités qui demeurent également cinématographiques. C'est rare et c'est pour ça qu'il faut en profiter.


Cotes

Film8
Présentation5
Suppléments2
Vidéo7
Audio7