Baa Baa Black Sheep
Volume 1
Universal Studios Home Video

Réalisateurs: Alex Beaton, Robert Conrad
Année: 1976-1977
Classification: PG
Durée: 584 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-14)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
17 juin 2005

Je ne sais pas si ma passion pour tout ce qui vole a connu une poussée avec cette série, mais je me rappelle très bien que durant mon adolescence, je ne voulais rater aucun épisode des "Têtes brûlées", le titre français de "Baa Baa Black Sheep" (aussi connu sous le nom de "The Black Sheep Squadron" pour la deuxième saison). Universal, dans sa collection "Classic Television" nous propose de découvrir les onze premiers épisodes (en fait dix plus le pilote qui compte pour deux), dans un coffret de deux disques doubles. Cette série, qui a été diffusée sur le réseau américain NBC de septembre 1976 à avril 1978 compte en fait 37 épisodes répartis sur deux saisons (la première avec 24 épisodes (dont deux doubles, parmi lesquels le pilote) et la seconde saison avec 13 épisodes). On peut donc se questionner sur le choix de n'avoir édité que les onze premiers épisodes, si ce n'est celui de savoir si la sortie sur format DVD de cette série a des adeptes. Les plus optimistes estiment qu'il s'agit d'une nouvelle stratégie commerciale d'Universal qui voudrait sortir des coffrets qui durent moins de dix heures et ne coûtent pas trop cher. La sortie de ce coffret coïncide avec les commémorations du 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Toute organisation, de la simple famille nombreuse à la grande compagnie, a ses moutons noirs. L'armée de l'air américaine ne fait pas exception, surtout en ce temps de guerre. Cette série, inspirée en grande partie par le livre du Major Gregory "Pappy" Boyington Baa Baa Black Sheep relate l'histoire d'un escadron rebelle formé de soldats qui ont pris la route des airs au lieu de prendre celle de la cour martiale. Lui-même plutôt contre les règlements et avide de retrouver un avion à piloter, le Major Boyington (Robert Conrad) met sur pied une équipe de pilotes aussi déterminés et surtout aussi hors la loi que lui pour combattre l'ennemi, les Japonais, à leur manière. Nous nous dirigeons donc dans le Pacifique, quelques jours après la fameuse attaque des Japonais sur Pearl Harbor. Aidé par le général Moore (Simon Oakland), qui fera toujours de son mieux pour ses "mauvais garçons", Boyington va se substituer à un escadron, le 214, qui sera arbitrairement envoyé en quarantaine pour traiter des symptômes de la malaria. Et comme nous sommes sur une île perdue du Pacifique, cela va laisser libre champ à Boyington et sa flotte de renégats pour faire la fête, se battre, courtiser les infirmières de l'hôpital proche, mais surtout et principalement faire ce qu'ils savent le mieux: combattre l'ennemi avec la même détermination que les kamikazes d'en face, la volonté d'en revenir en plus.

Amis perfectionnistes et amateurs de la Seconde Guerre mondiale, prenez donc un peu de recul avec cette histoire. Certes, le Major Boyington a bien existé et a bien été le meneur de l'escadrille 214. Oui, il a aussi été l'un des pilotes ayant abattu le plus d'avions ennemis. Mais n'allez pas croire que les gars de la 214 passaient leur temps à se saouler et à compter fleurette aux infirmières, personnages rajoutés par la production pour ne pas avoir à donner trop de scènes guerrières au téléspectateur. Malgré tout, afin de mieux situer les combats et les actions, on remarquera que plusieurs extraits d'archives militaires sont intégrés aux épisodes, rendant ces derniers plus convaincants et réalistes. D'autant plus que les inserts passent parfois inaperçus. Mais les amateurs apprécieront les avions Corsairs utilisés dans la série, qui, même s'ils ne sont pas toujours conformément peints, sont parfois les vrais héros.

Universal nous propose cette première vague des épisodes de "Baa Baa Black Sheep" sur deux disques doubles face, chacun dans un boîtier classique, les deux rangés dans un fourreau de carton avec un bel effet mat/brillant pour les photos et le fond ainsi que du relief pour le titre. L'image présentée, même pour un produit de plus de 30 ans, est bonne, mais avec quelques poussières et fourmillement et des scènes sombres qui le sont un peu trop d'ailleurs. La seule piste sonore, anglaise, est en général à la hauteur de l'image, avec malheureusement quelques différences d'un épisode à l'autre. Mais rien de bien important malgré tout. Les pages de menu sont statiques. Le chapitrage permet de passer le générique, ce qui est toujours appréciable dans un coffret de série télévisée.

Les suppléments, plutôt rares dans un coffret de Universal, consistent en deux entretiens mettant en vedette le vrai "Pappy" Boyington. Le premier, d'une durée d'environ cinq minutes, provient de l'émission "Today", enregistrée en 1976, et qui permet à Greg Boyington, accompagné d'un Robert Conrad plutôt silencieux, de mieux expliquer son vrai rôle à cette époque. Le second, d'une durée d'environ deux minutes, est un extrait de film d'époque, de 1959 exactement, en noir et blanc, où encore une fois Greg Boyington donne son avis sur son rôle dans la bataille du Pacifique (la série n'existait pas à l'époque). Même si cela est peu, on va être bien content de ces quelques images du héros, décédé en 1988.

Cette série est une des premières du prolifique créateur Stephen J. Cannel (qui me laisse ce souvenir de l'homme apparaissait toujours à la fin de ses séries, en train de sortir une feuille de sa machine, feuille qui se transformait alors en un "S" pour écrire le "Stephen" du logo de sa compagnie). On lui doit notamment comme créateur les séries The A-Team, 21 Jump Street, Baretta, The Rockford Files et bien d'autres. Parmi les acteurs "récurrents" de la série, notons la présence de John Larroquette, Dana Elcar (MacGyver) et Larry Manetti (Magnum P.I.) et parmi les acteurs de passage, pour ce premier volume, remarquons George Gaynes (la série Police Academy) et Charles Napier.

Si "Baa Baa Black Sheep" me laisse un grand nombre de souvenirs, je dois avouer que même si certains n'ont plus le même intérêt, la plupart sont intacts pour une histoire qui sort un peu du quotidien des films de guerre. Certes, il s'agit toujours d'un affrontement entre les bons (américains) et les méchants (les autres), mais à partir d'un ensemble d'éléments qui, tout en restant militaires, n'en ont que l'apparence. Pour ceux pour qui la discipline reste encore une longue question d'apprentissage. Une courte série dans le temps, mais qui a sa place dans le top des meilleures.


Cotes

Film8
Présentation2
Suppléments4
Vidéo7
Audio6