Battlestar Galactica
Season One
Universal Studios Home Video

Créateur: Glen A. Larson
Année: 2004-2005
Classification: 14A
Durée: 756 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 5 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
30 octobre 2005

La deuxième moitié des années 70 a semble-t-il été une formidable source d'inspiration pour les visionneurs de science-fiction. Alors que le grand écran voyait évoluer l'un des plus connus films du genre, Star Wars, la télévision en rajoutait en offrant une série qui, sans être restée bien longtemps, a laissé sa trace dans l'univers télévisuel: Battlestar Galactica. La guerre avec les robots Cylons commençait sous le regard du Commander Adama (Lorne Green), de son fils "Apollo" (Richard Hatch) et d'un collègue de ce dernier, le lieutenant "Starbuck" (Dirk Benedict). La série refera une très courte apparition d'une dizaine d'épisodes en 1980, avec seulement Lorne Green.

Pour commémorer le 25e anniversaire de la série, une partie de l'équipe originale, dont le créateur et producteur Glen A. Larson, a décidé d'offrir au public une minisérie de quatre heures (deux fois deux heures) reprenant l'histoire de la première série, mais remise au goût du jour. Le principal changement est que le lieutenant Starbuck est désormais une femme, qui est amoureuse en secret du capitaine Apollo. De quoi fouetter le sang des puristes de la série originale. Autre nouveauté: les Cylons ont évolué et ont créé des êtres à l'apparence humaine pour espionner les rescapés des douze colonies, en quête de l'hypothétique treizième, la Terre. Devant le relatif succès de cette minisérie, il a été décidé de poursuivre l'aventure avec une série à part entière qui a pris l'antenne à l'automne 2004. C'est le coffret de cette première saison que je vais critiquer ici. Une deuxième saison a suivi à l'été 2005 et la sortie en coffret de la première partie de cette deuxième saison est déjà prévue pour le mois de décembre. La seconde partie suivra certainement à l'été 2006, puisque la diffusion de cette deuxième saison reprend en janvier 2006 sur les ondes.

Avant de poursuivre dans la découverte de cette série, je tiens à signaler le formidable travail de l'éditeur Universal dans la production de ce coffret. En effet, réunis sur cinq disques, nous trouvons tout d'abord la minisérie (qui a déjà été éditée en DVD l'année dernière, avec une piste française). Puis, en plus des épisodes réguliers de la première saison, il y a plusieurs suppléments, ce qui est, comme vous le savez si vous lisez régulièrement nos critiques, chose plutôt rare chez Universal. Mais cette fois-ci, il n'y a pas vraiment de plaintes à formuler. Ils nous offrent un coffret très complet, dans tous les sens du terme.

J'ai particulièrement apprécié les techniques de tournage, avec la caméra souvent à l'épaule et la mise au point qui tarde à se faire quand on passe d'un sujet proche à un sujet d'arrière-plan, principalement dans les scènes d'urgences, un peu comme si le tournage suivait lui aussi la frénésie de l'action. On retrouve une formule semblable dans les plans d'effets spéciaux dans l'espace. Quand on suit des vaisseaux spatiaux, surtout les petits chasseurs, on change souvent de focale ce qui fait que la réalisation joue avec justement l'espace. C'est comme si on regardait la scène à travers un hublot et qu'on utilise des jumelles pour se rapprocher de la situation. On ne manquera pas de noter, pour les plus soucieux de précision, les jets des petites turbines latérales de direction, comme on le voit parfois dans des diffusions de vols de la navette par la Nasa. C'est innovant et surtout très différent de ce qu'on a l'habitude de voir. J'ai beaucoup aimé cette technique.

Mais comme tout ne peut pas toujours être absolument parfait, je regrette qu'on ait laissé parmi le décor de cette série des éléments de notre époque ou qui ne font pas très "futur". Je citerai par exemple cette petite horloge calculatrice que l'on aperçoit en gros plan dans un panoramique dans la minisérie: je possède exactement la même sur mon bureau (et j'imagine sur de nombreux autres). Que dire du simple tableau blanc avec marqueur qui s'efface et d'un chiffon pour noter la population restante. Certes, c'est pratique, mais pas très "science-fiction". Il y a aussi les combinés téléphoniques, avec fils, qui font plutôt années 80 et non pas un futur lointain.

Universal nous offre cette première saison dans un coffret de cinq boîtiers minces renfermant chacun un disque simple face. Le premier de ces disques contient la minisérie de quatre heures (en fait trois en enlevant les publicités lors des diffusions télévisées) et les quatre autres disques contiennent les treize épisodes réguliers ainsi que les nombreux suppléments (à noter que la mention "plus de 12h de suppléments" collée sur le boîtier inclue la minisérie de quatre heures et les commentaires sur neuf des treize épisodes). Chaque jaquette de boîtier est illustrée par une photo d'un des personnages alors que l'endos comporte la même image d'un robot Cylon avec la liste des épisodes accompagnée d'un résumé pour chacun. On pourra déplorer que l'intérieur de ces jaquettes soit blanc. La sérigraphie sur les disques reprend l'insigne du vaisseau Galactica. La qualité de l'image est excellente, tournage en haute définition oblige, sans oublier la présentation en format panoramique qui rehausse toujours le visionnement. Bien entendu, les éclairages souvent ternes de l'intérieur du vaisseau ou des différentes salles ne rend pas toute sa beauté à l'ensemble, mais les nuances sont bien présentes. Il en va de même pour une bande sonore anglaise avec de très bonnes ambiances en Dolby Digital 5.1. Comme déjà dit plus tôt, on regrettera l'absence d'une piste française, pourtant présente lors de la première édition de la minisérie. Les pages de menu sont statiques, mais sonorisées par le thème de la série.

Parmi les nombreux suppléments, on retrouve donc des pistes de commentaires sur la minisérie et neuf épisodes. On y retrouve principalement le producteur exécutif Ronald D. Moore, parfois accompagné d'un autre producteur, qui est aussi réalisateur, David Eick. Leur récit porte en général sur l'épisode commenté, avec plusieurs anecdotes de tournage et de situations selon les scènes, de ce qu'ils voulaient faire ressentir ou montrer. Parfois, certains "secrets" sont dévoilés et on peut dire qu'ils savent "vendre" leur produit et nous faire attendre la deuxième saison. Ensuite, huit documentaires de production, que l'on peut regarder séparément ou ensemble (ce qui fait alors plus d'une heure de contenu, car il s'agit d'un seul et même document séparé en huit parties). Il y est notamment question du passage de la minisérie à la série, mais aussi des explications de nombreux intervenants de l'équipe de production et de tournage quant aux techniques employées, aux volontés qui étaient les leurs dès le départ et du résultat final. Très intéressant, surtout qu'on y retrouve des extraits de la série originale. Et on y apprend l'origine mystérieuse (et surtout drôle) des documents papier auxquels il manque les quatre coins.

Le supplément "Battlestar Galactica: The Series Lowdown", déjà présent sur l'édition DVD de la minisérie, est un documentaire promotionnel d'une vingtaine de minutes où la plupart des acteurs présentent le film et donnent surtout l'envie de le voir plus que d'avancer leur propre avis. Le début de ce supplément est composé de prises ratées lors du tournage de ce segment. On poursuit ces bonus avec près de 50 minutes de scènes supprimées, ou plus spécifiquement de scènes existantes rallongées. D'un intérêt moindre, on le regardera surtout pour approfondir certaines situations dans l'histoire. Finalement, dans "Sketches and Art", on évolue des dessins préparatoires aux décors finaux avec des fondus en images entre ces deux états, en passant par des maquettes miniatures et grandeur nature. Chaque coffret renferme en plus une carte à collectionner avec des instructions pour s'en procurer d'autres et faire des "échanges".

Produit incontournable pour les amateurs de science-fiction, il doit aussi faire partie de la collection des inconditionnels de la série originale. Ce n'est absolument pas une copie conforme et je pense que c'est loin de l'idée de base des concepteurs. On ne manquera pas de noter le côté sombre et grave des histoires, qu'une musique parfaitement adaptée accompagne en permanence, rajoutant une profondeur supplémentaire à l'espérance de vie de ce petit groupe d'êtres. Innovant à plusieurs égards, "Battlestar Galactica", nouvelle cuvée, a de nombreux atouts pour mettre certains récalcitrants dans sa poche. En attendant que certains de nos canaux spécialisés francophones nous offrent cette série, régalez-vous avec cette première saison sur DVD. Quant à savoir exactement qui sont ces "humains" en perpétuelle fuite, j'ai ma petite idée. Faites-vous donc la vôtre. Et une nouvelle fois, un grand merci à Universal pour nous avoir offert un coffret très complet et parfaitement bien rempli.


Cotes

Film9
Présentation5
Suppléments9
Vidéo10
Audio10