Blindspot
The Complete First Season
Warner Home Video

Créateur: Martin Gero
Année: 2015
Classification: PG
Durée: 978 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 5 (DVD-9)
Code barres (CUP): 883929524167

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Jimmy Chartrand
21 mars 2017

La mémoire a toujours fasciné le cinéma et la télévision et de nombreux procédés en ont découlé permettant aux créateurs de s'amuser de diverses façons, tout comme de surprendre le spectateur (les flash-back et les flashs-forwards notamment). Il est donc surprenant qu'un concept aussi simple, mais pourtant si efficace, combinant autant Memento que la série de Jason Bourne n'ait pas donné lieu à une production similaire bien avant "Blindspot".

Ainsi, le mystère et l'intrigue est à son paroxysme dès les premières minutes alors qu'une femme, nue, couverte de tatouages étranges, sort d'un sac en plein milieu de Times Square en n'ayant aucun souvenir de qui elle est et de ce qu'elle fait, son identité étant encore bien loin d'être dévoilée. Elle deviendra rapidement le centre d'une enquête du FBI en plus d'être autant alliée pour l'équipe en place que menace potentielle face à des révélations qui s'amusent constamment à bluffer et les personnages et les spectateurs.

Mieux, à la manière de Fringe, l'intrigue principale étirée sur toute la saison pour tous les personnages et leurs propres problèmes, sera contrecarré par une histoire différente par tatouage décliné en chaque épisode, permettant aussi à des personnages aux abords anodins de revenir ici et là, mais aussi à la série de toucher à divers genres donnant autant dans le film policier, le film de vol à la Ocean's Eleven que dans le pur film de survie à la Die Hard. Le meilleur épisode relate d'ailleurs une tuerie dans une école qui, sans atteindre le niveau de tension de Podz avec 19-2, trouve le juste équilibre entre les moments les plus palpitants et les plus ridiculement amusants de la série.

Également, ce qui est bien avec ce Bourne des pauvres, c'est qu'il place en son centre une énergie féminine forte, avec un protagoniste suffisant interprété avec aisance par Jaimie Alexander, entre testostérone et vulnérabilité. Il est toutefois dommage que les dialogues majoritairement risibles et semblant issus d'un feuilleton de fin d'après-midi finissent par prendre le dessus et laisser rapidement dévoiler les fils blancs de l'entreprise.

Ainsi, la distribution inégale ne parvient que rarement à surpasser le matériel qui leur est offert, principalement pour Marianne Jean-Baptiste, alors que rares sont les interprètes qui réussissent à vraiment se démarquer comme la savoureuse Ashley Johnson dans le rôle de Patterson. De son côté Rob Brown est à mille lieues de Treme, notre François Arnaud national se demande toujours ce qu'il fait dans tout cela et on n'ose même pas parler de la monotonie de l'Australien Sullivan Stapleton qui force l'accent américain.

On reste alors parce que techniquement ce n'est pas si mal. Le montage est énergique, visuellement il y a des trucs parfois intéressants (on pense à une excellente scène dans un cimetière) et la musique rythmée de Blake Neely ajoute beaucoup à l'ambiance généralisée. L'édition DVD retransmet sans mal la qualité de cette production qui ne paraît jamais cheap. Bien sûr, les scènes extérieures sont toujours plus attrayantes alors que les éclairages intérieurs sont majoritairement mal captés, mais au moins les dialogues sont toujours fort compréhensibles et la musique parfaitement audible, habilement mixée avec le riche travail sonore qui prend avantage de l'action démultipliée de la série tout comme de la diversité de ses lieux.

Il faut aussi admettre que les scénaristes ont toujours à coeur le bien de la série pour la pousser vers de nouvelles limites. On regrette davantage que cela soit au détriment de la logique. C'est donc dans cette optique que cette série qui était d'abord intrigante, puis lassante, devient d'une certaine façon rapidement un plaisir coupable pour voir jusqu'où peuvent-ils pousser leur propre ridicule. Après tout, même si le canevas est volontairement répétitif, la série se répète beaucoup moins qu'on pourrait le croire, trouvant toujours une nouvelle avenue à explorer ou à exploiter, ce, entre une infinité de révélations et de suppositions carrément tarabiscotées.

La présentation suit exactement le même format que les autres sorties télévisuelles de Warner, autant dans la conception graphique que la disposition des menus. C'est simple, mais efficace et organisé. Les titres d'épisode peuvent paraître anodins, mais ce sont en réalité tous des anagrammes à décoder, suivant l'esprit de mystère de la série. Ils sont séparés ainsi sur les cinq disques:

Pour ce qui est des suppléments, il y en a plusieurs d'intérêts fort inégaux, accessibles via la section des suppléments des menus ou directement à côté des épisodes concernés lorsque cela a lieu. Comme les scènes supprimées, disponibles pour onze des épisodes et tous précédé d'une présentation explicative du créateur. Rar contre, rares sont celles qui sont vraiment intéressantes, surtout parce qu'il y en a beaucoup qui durent à peine une minute. Le pilot est également le seul épisode à bénéficier de commentaires audio, ce qui est plutôt une bonne chose puisque c'est loin d'être intéressant à écouter dans ce cas-ci.

Et sur le dernier disque, en plus d'un bon quinze minutes sur le Panel dédié à la série lors du festival Comic-Con de 2015 et de blooperspas si amusants que cela, il y a aussi huit séquences making of de durées variées, s'intéressant à plusieurs aspects et personnages de la série, montrant que la conception d'ensemble est certainement plus réfléchie qu'elle ne le laisse souvent croire.

Enfin, on peut comprendre pourquoi "Blindspot" peut facilement rendre son public accro, mais on regrettre qu'en ensemble la série tarde à convaincre entièrement tellement elle semble prête à tout pour nous mener en bateau. S'il est pratiquement impossible que la série devienne quelque chose d'excellent, on la prendra alors comme le divertissement aisé qu'il est, en croisant les doigts qu'ils se concentrent peut-être un peu plus sur le réalisme de sa conception en essayant bien sûr de ne pas trop étirer la sauce.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio8