An Unmarried Woman
20th Century Fox

Réalisateur: Paul Mazursky
Année: 1978
Classification: 18A
Durée: 124 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Ostiguy
21 janvier 2006

Paul Mazursky est un réalisateur méconnu aujourd'hui, mais qui eut son heure de gloire durant les années 1970. Ses films sont tous des drames sociaux décrivant avec justesse les habitudes de vie des Américains moyens à une époque où la libération des mœurs vient tout bouleverser. Mieux que quiconque, Mazursky a su dépeindre cet état de fait avec justesse et compréhension. Dans des films comme Next Stop, Greenwich Village et Bob and Carol and Ted and Alice, il aborde franchement des sujets délicats, comme la révolution sexuelle, l'homosexualité, l'avortement à une époque où les cinéastes sont encore timides dans ces domaines. Dans "An Unmarried Woman", Mazursky axe son étude sur les conséquences de la libération de la femme, phénomène à son apogée au moment du tournage. Les femmes tentent de se redéfinir après l'éclatement des anciennes valeurs. Mazursky parvient à illustrer avec beaucoup de tendresse ce changement de cap qui ne se fait pas sans heurts.

Erica est mariée à Martin depuis 16 ans. Ils ont une adolescente et semblent raisonnablement heureux. Un jour, pourtant, tout s'effondre pour Erica. Martin lui annonce qu'il la quitte pour une femme plus jeune. Erica est complètement désorientée. Elle cherche le réconfort auprès de sa fille, de son groupe d'amies et d'une thérapeute. Finalement, c'est en elle-même qu'elle trouvera la force de continuer sa vie.

Dans sa quête d'une nouvelle vie, Erica sacrifie à la mode de la liberté retrouvée. Elle va même jusqu'à coucher avec un macho qu'elle n'aime pas pour se prouver à elle-même qu'elle est désormais une femme indépendante. Si elle commet plusieurs erreurs dans cette réorientation de sa vie, ces détours lui permettent de se connaître elle-même. Elle découvre ainsi ses limites et surtout les aspirations qu'elle avait mises de côté alors qu'elle vivait avec Martin. Elle rencontre bientôt un artiste, Saul (Alan Bates), dont elle tombe amoureuse et qui sera le nouvel homme de sa vie. Mais cette fois, elle tentera de ne plus commettre les erreurs qu'elle a faites avec Martin.

Plusieurs scènes sont très drôles, comme cette tentative de libération sexuelle avec le macho, où la gêne d'Érica se traduit par un irrépressible fou rire. Les rencontres d'Érica avec ses trois amies regorgent également de dialogues très inspirés et spirituels. Il est intéressant également d'observer l'évolution de sa relation avec son ex-mari. Ces scènes sont très finement interprétées par Jill Clayburgh et Michael Murphy.

Jill Clayburgh est tout simplement étincelante dans ce film. Il s'agit, à mon avis de sa meilleure interprétation en carrière. Elle parvient à rendre son personnage très attachant. Le spectateur adhère complètement à ce personnage. Dans une des dernières scènes du film, où Martin qui vient d'être plaqué par sa jeune maîtresse, demande à Erica de reprendre la vie commune, on se prend à espérer qu'elle le rejette et en profite pour lui dire son fait. C'est sans surprise que j'ai découvert que Jill Clayburgh a reçu le prix d'interprétation à Cannes pour ce film et qu'elle a été nominée aux Oscars.

Évidemment "An Unmarried Woman" est très marqué par son époque. Tout dans ce film, depuis la musique de Bill Conti jusqu'aux mouvements de caméra (par exemple, la scène de la danse improvisée par Clayburgh au début du film), fait très années 70. Ce film est donc un témoignage de ce qui se faisait de très bien à cette époque. Bien sûr, sur le même thème on peut préférer Alice doesn't live Here Anymore de Martin Scorsese, mais il reste que "An Unmarried Woman" possède un charme indéniable, dû en grande partie à la performance de Clayburgh.

Cette édition DVD est très bien. Les couleurs sont un peu fanées, mais l'image est tout de même assez claire. Le son est également très bien rendu. Côté suppléments, à part la bande-annonce, un commentaire audio de Mazursky et Clayburgh. Je dois dire que si j'écoute rarement au complet ces commentaires, ici je me suis tout simplement régalé. Voici un commentaire audio modèle. Il renferme des anecdotes de tournage de même que des renseignements intéressants sur les interprètes. Rarement, un commentaire audio est si bien fait et autant pertinent. Bravo à Mazursky, surtout, qui a visiblement très bien compris le concept.

Je suggère fortement l'achat de ce film très touchant et très vrai. Il vaut par plusieurs points, le moindre n'étant pas la performance sans faute de Jill Clayburgh dans son meilleur rôle en carrière!


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments9
Vidéo8
Audio8