The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
Warner Home Video

Réalisateur: Andrew Dominik
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 160 minutes
Ratio: 2.40:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 37
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
27 janvier 2008

Le hors-la-loi Jesse James (1847-1882) a été un personnage qui fut amplement exploité au cinéma et à la télévision. En 1921, Hollywood décide de parler des exploits de ce brigand pour la première fois dans deux productions cinématographiques; Jesse James Under the Black Flag et Jesse James as the Outlaw. Réalisé par Frankln B. Coates les deux films étaient interprétés par nul autre que Jesse James Jr. (1875-1951), le fils du légendaire criminel.

En 1939, le cinéaste Henry King allait donner véritablement ses lettres de noblesse au hors-la-loi grâce à la magnifique performance de Tyrone Power dans le film Jesse James. Le succès fut tel que la Twentieth Century-Fox décida d'en faire une suite l'année suivante avec les mêmes acteurs, The Return of Frank James où nous voyons Frank James (Henry Fonda), le frère de Jesse, à la poursuite de Bob Ford (John Carradine), le meurtrier de son frangin.

Malgré d'innombrables productions sur le célèbre bandit, il faudra attendre en 1957, le film de Nicholas Ray The True Story of Jesse James pour voir un film raconter avec une certaine exactitude la vie du fameux brigand. En 1980, la sortie du film The Long Riders du réalisateur Walter Hill montre avec brio la vie réelle du gang des frères James comme nous ne l'avions jamais présenté auparavant dans le monde du septième art.

C'était la toute première fois qu'un metteur en scène décidait d'aller en profondeur dans l'intimité de Jesse James et de son gang et de mettre en lumière la relation entre ces voleurs et les gens du Sud, face aux détestables exploiteurs nordistes, forts de leur victoire sur les confédérés.

Au milieu des années 2000, le réalisateur néo-zélandais Andrew Dominik a l'idée de mettre en chantier un film ayant pour titre "The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford" racontant le plus fidèlement possible la dernière année du célèbre malfaiteur que fut Jesse James. Adapté du roman "The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford" de Ron Hensen publié en 1983, l'histoire raconte les sept derniers mois de Jesse James, célèbre hors la- loi et icône de la culture populaire américaine. Ce "Robin des Bois" du Missouri est incarné par l'excellent Brad Pitt qui a su rendre parfaitement toute la complexité de son personnage dans ses derniers jours. Sa magnifique performance lui vaudra le prix d'interprétation au Festival de Venise. Il ne faudrait pas non plus faire fi de la prestation de Casey Affleck dans le rôle ingrat du lâche Robert Ford.

Dans ce film, le metteur en scène Domink a décidé de ne pas tomber dans le piège de ses prédécesseurs en montrant ce voleur non pas comme il fit rêver, mais bien comme il fut. C'est-à-dire plus cynique que philanthropique, tyran, ombrageux, méfiant, méprisant, vulnérable et solitaire. Ce western lyrique et mélancolique est présenté comme un documentaire avec une voix narrative hors champ, riche en détails historiques. J'aimerais souligner le travail exceptionnel du directeur de la photographie Roger Deakins qui dépeint par des images somptueuses ce drame. Malgré sa lenteur, ce western contemplatif et psychologique, vous chamboule d'émotion. C'est le choc d'une rencontre entre deux personnages (Jesse James et Robert Ford) qui s'épient et où nous voyons l'admiration qu'à Robert Ford envers ce brigand devenu un héros national. Cette admiration deviendra plus tard une profonde jalousie. Du côté de Jesse James, ses sentiments envers le jeune homme sont vagues, il est intrigué et suspicieux.

L'œuvre d'Andrew Dominik fut réalisée avec minutie, faisant preuve d'une attention particulière pour les décors et les costumes, respectant avec exactitude le mode de vie de ces hommes et de ces femmes trop souvent exposés au cinéma de façon vague et censurée. Il traité avec profondeur et transpose fidèlement ce qu'était réellement le monde de l'Ouest à cette période charnière des États-Unis.

La caméra de Dominik est merveilleuse, captant des images devenant des mosaïques, de véritables toiles... peignant avec grâce et beauté la vie difficile dans ces vallées sauvages et redoutables, là où la loi du plus fort finit toujours par triompher. Les paysages bucoliques et majestueux, les plaines aux couleurs d'émeraude, les superbes pastels bleus, verts, roses qui habillent maisons et commerces donnent un cachet paisible, cachant du même coup, la cruauté subtile qui pèse lourd sur les âmes qui habitent ce coin de pays. Bref, la mise en scène est appliquée, nous ne sentons aucun détail lui échapper... Les plans de caméras de Kevin Costner ne sont pas exsangues du tout, ils sont plutôt très colorés et extrêmement vivants...

La définition générale est excellente en tous points, d'une stabilité des plus appréciables. Le rendu des couleurs est remarquable. Les teintes sombres et froides du film sont reproduites avec justesse. Elles sont constantes et parfaitement bien saturées Le niveau des noirs est très bien ajusté, les parties denses offrent des dégradés généralement fluides et très détaillés. Les effets sonores, par moment incroyablement percutant de par l'agressivité qui s'en dégage, supportent avec brio les scènes d'intrigue et de violence. Les dialogues sont intelligibles en toutes circonstances et ne montrent jamais de signes de parasites ou de saturation.

Malheureusement, c'est une édition totalement dépourvue supplément, ce qui n'est pas souvent le cas pour les vieilles productions cinématographiques chez la Warner et encore moins pour des productions récentes.

Bref, tout amateur de western saura apprécier "The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford" pour son originalité qui s'enracine dans la sensibilité plutôt que dans le simple mécanisme de l'action, bien que l'action y joue un rôle prépondérant. Un DVD à voir absolument!


Cotes

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