The Alamo
Widescreen Edition
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateur: John Lee Hancock
Année: 2004
Classification: 14A
Durée: 137 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
4 octobre 2004

"The Alamo" est la nouvelle version cinématographique de la célèbre bataille de 1836, opposant un peu plus de deux cents Texans à environ quatre mille Mexicains qui désirent, d'un côté comme de l'autre, vivre à leur façon, sur cette terre toute fourmillante de richesses qu'est le Texas. Treize jours de combats acharnés eurent lieu dans cette petite mission espagnole fondée en 1718 et où moururent des hommes qui allaient devenir des symboles de la liberté pour les Américains: William Barret Travis, Jim Bowie et Davy Crockett.

Les combats furent d'une violence inimaginable, au corps à corps et à la baïonnette. Pour le colonel Travis, défendre ce fort au péril de sa vie était fondamental afin de sauvegarder les valeurs de la culture américaine. Il dira un jour à son fils: "Une heure de gloire bien remplie vaut une éternité anonyme". La victoire avait coûté cher à Santa Anna, puisque mille six cents de ses soldats avaient payé de leur vie l'assaut contre Alamo. Le 20 avril 1836, soit quarante-cinq jours après la chute d'Alamo, le général Santa Anna fut écrasé à la bataille de San Jacinto. Neuf années plus tard, le Texas deviendra le vingt-huitième État de l'Union.

Nous sommes loin de la version de 1960 The Alamo de John Wayne où les personnages étaient presque parfaits. Le film de John Lee Hancock dépeint d'une façon plus objective ces hommes livrant un combat sans merci non pas seulement pour la liberté, mais également pour maintenir leur droit à l'esclavagisme ainsi qu'à l'expansionnisme territorial américain.

Il faut dire que plusieurs téjanos (mexicain-texans) ne partageaient pas la vision des Texans (anglo-américains), mais détestaient encore plus celle de Santa Anna, un despote cruel et cupide. Il est d'ailleurs intéressant d'entendre un téjanos qui demande à son compatriote, le capitaine Seguin, partisan de la cause texane... "Pourquoi tu te bats pour ces crapules?" Seguin lui répond: "L'ennemi de mon ennemi est mon ami". Le téjanos réplique alors: "Mais Santa Anna veut seulement diriger le Mexique... Ces vermines veulent le monde entier!"

Ce film, d'un budget d'environ 95 millions de dollars, dénonce corrélativement l'hégémonie américaine à imposer leur volonté aux autres entités politiques et présente les Texans comme des gens imbus de leur esprit volontaire et de leur optimisme à toute épreuve. Malheureusement, le film ne remporta pas un grand succès en salle puisqu'il ramassa à peine un peu plus de 22 millions de dollars, probablement causé par le sujet principal... la défaite! Les Américains abhorrent la défaite sous tous ses angles, quels qu'ils soient. Ils sont continuellement martelés dans les médias écrits et électroniques que l'Amérique est bénie par Dieu et qu'ils sont si invincibles que personne sur cette terre ne peut réellement les vaincre. C'est pour cela que des hommes tels que Michael Moore essaient tant bien que mal, de mettre les pendules à l'heure avec des documentaires chocs comme Fahrenheit 9/11 afin de dénoncer la politique hégémonique américaine et des discours mensongers de ses dirigeants.

Les acteurs de ce film sont tout simplement remarquables et principalement un Dennis Quaid dans la peau de Sam Houston qui lui redonne vie avec puissance, légèreté et profondeur, et l'extraordinaire Billy Bob Thorton qui interprète dans cette production cinématographique, le légendaire Davy Crockett. Difficile de ne pas être élogieux dès qu'il s'agit de Billy Bob Thorton. Il joue avec finesse et sincérité. Son jeu est parfois minimal, mais tellement juste... je dirais même, réfléchi au geste près.

La réalisation de John Lee Hancock est sobre et montre une version réaliste de la guerre.. la guerre dans toute son horreur et ses réalités crues. Pour ce qui est du découpage technique et du montage, tout nous apparaît parfait surtout dans les scènes de batailles. Si le réalisme cinématographique est retrouvé dans la présentation de paysages réels en extérieurs, il s'exprime dans un lyrisme grandiose de telle sorte que l'histoire acquiert là encore, une dimension extra-réaliste, mythique et fabuleuse. La chorégraphie des combats est dans les moindres détails, splendidement bien composée.

John Lee Hancock, un ancien avocat natif du Texas, est surtout connu pour son habileté, proche de celle d'un John Ford, à élever des gens ordinaires au rang de personnages extraordinaires. Il voit en Alamo, l'histoire la plus éducative de son enfance. Motivé plus par le désir de raconter cette épopée d'une façon historiquement exacte, il nous livre des personnages de chair et de sang autant du côté américain que mexicain.

Filmé dans un décor factice qui reconstitue le site tel qu'il était à l'époque, l'éclairage montre des couleurs tendres et excessivement réalistes, dans les scènes d'intérieur en particulier, mais également dans quelques scènes extérieures. Jusqu'à douze caméras ont été utilisées en continu sur les cent jours de tournage, incluant six semaines de tournage nocturne. Déviant des pratiques de production actuelles, la majeure partie de l'action a été tournée en prises de vues réelles. John Lee Hancock n'utilise pas non plus beaucoup d'hémoglobine dans les bagarres ce qui donne un attrait très aseptisé à cette fresque historique.

Les dialogues sont intelligents. Les répliques sont savoureuses et parfois même cyniques. Il y a quelques temps morts, mais le rythme est tout à fait maintenu. Les dialogues sont toujours très intelligibles. La trame-sonore aussi est excellente et est intégrée efficacement aux images. L'orchestration du compositeur Carter Burwell est délectable et originale. Dans l'ensemble, l'image est d'une définition tout à fait adéquate. La richesse des couleurs est impressionnante. Ces dernières sont très saturées, stables, éclatantes et ce, malgré le fait que l'éclairage soit presque toujours tamisé à l'intérieur de la fortification d'Alamo. Le rendu des teintes chaudes de la peau est d'un incroyable naturel. Les noirs sont très beaux et profonds. Les parties sombres offrent des dégradés subtils et de très grande qualité.

Les suppléments du DVD sont en Anglais uniquement... ce qui est toujours désolant, il va sans dire, de ne pouvoir mettre un sous-titre en français. Vous pourrez tout d'abord voir les bandes-annonces de Raising Helen, Hero, Around the World in 80 Days et Alias, une télésérie américaine du réseau ABC. Dans la section "Deleted Scenes", vous avez cinq segments effacés qui ne sont d'aucun enrichissement à l'histoire.

Dans le documentaire "Return of the Legend: The Making of The Alamo", nous nous promenons pendant dix-huit minutes sur le plateau de tournage où les artisans (décorateur, sculpteur, costumier, opérateur de caméra, technicien en explosif, etc.) viennent expliquer leur contribution à cette production. Ensuite, "Deep in the Heart of Texans" fait la description de ce que représente Alamo pour le Texas. Bruce Winders, historien et conservateur d'Alamo, affirme que le film de John Lee Hancock est le meilleur ayant jusqu'à présent été tourné sur le sujet parce qu'il présente certains faits historiques jamais signalés auparavant sans pour autant détruire le mythe. Il est amusant notamment d'entendre des figurants comme Wayne Evans jouer son arrière arrière arrière grand-père, Robert Evans mort à la bataille d'Alamo. Enfin, le petit reportage "Walking in the Footsteps of Heroes" analyse les principaux protagonistes de cet événement: William Barret Travis est décrit comme un coureur de jupon, Jim Bowie est représenté comme un esclavagiste et ivrogne, Sam Houston est dépeint comme héros de guerre alcoolique et Davy Crockett est plutôt vu comme un trappeur dont la vie fut très enjolivée par les journalistes de l'époque.

Ce film DVD historique de John Lee Hancock ne plaira certainement pas à tous, mais pour ceux et celles qui sont intéressés par une aventure d'hommes braves qui a eu lieu il y a déjà cent soixante-huit ans et de connaître toute la vérité autour de cet épisode marquant de l'histoire des États-Unis d'Amérique, ne seront vraiment pas déçus. Bref, un film honnête et un bon divertissement.


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